Sortie pêche au Lac Saint-Michel

Je vais vous relater dans ce post une sortie de pêche que j’ai faite avec JU29, mon cher beau frère en mai 2010. Ce ne sera pas une visite guidée comme les posts précédents car le ne connais pas le coin aussi bien. Mais je mets quand même le post dans la catégorie “balades” comme la catégorie “pêche”.

Lui est un pêcheur à la mouche expérimenté. Moi, je suis un pêcheur débutant aux leurres. Nous sommes tous deux branchés assez “nature”, et ça faisait un moment que nous avions envie de nous faire une sortie pêche ensemble en eau douce. Il m’a proposé le Lac Saint Michel dans le Finistère…

Une fois pris quelques renseignements, ce lac m’a vraiment semblé être un “chouette coin”. Je suis tombé sur quelques sites qui présentent le lac. Il s’agit d’un lac artificiel situé dans les Monts d’Arrée. Le barrage a été construit entre 1929 et 1936. Et lors de la montée des eaux, le lac a inondé des terrains composés de tourbières et de marécages.

Il y aussi l’ancienne centrale de Brennilis derrière le barrage du lac. Cette centrale attend encore la fin de son démantèlement. Mais nous comptions pêcher assez loin du barrage, et étant donné la surface du lac (450 hectares, c’est énorme !), la centrale ne semble pas gâcher trop le paysage.

Nous sommes également tombés sur des sites comme et qui vantaient l’abondance du “peuplement piscicole” du lac, et notamment en brochets. S’il y a des brochets, tant mieux, et s’il n’y en a pas, ça fera au moins une belle balade.

Image de carte

L’arrivée

Arrivés sur place, effectivement, c’est “chouette”. Déjà, l’arrivée se fait par plusieurs kilomètres de petite route sauvage qui serpente à travers les Monts d’Arrée… Dépaysement immédiat ! Petite halte dans un bistrot ou un tabac de Brasparts pour acheter un permis à la journée (pour moi). Le bistrot s’appelle “la Drosera” il me semble. Ca nous a semblé plutôt de bon augure (la Drosera est une petite plante carnivore des tourbières).

imageNous avions décidé d’attaquer par l’extrême pointe sud-est du lac, et de progresser vers l’ouest au fur et à mesure de la journée. Nous nous sommes garés non loin du petit hameau de “Forc’han”. Nous avons préparé nos cannes, lui à la mouche, moi aux leurres. Egalement, enfilage des waders, cuissardes pour moi – obligatoire, vu le terrain qui nous attend ! Et direction le lac qui est du parking caché derrière les arbres.

La tourbière

Nous sommes descendus vers le lac par un champ, plus on descendait, plus le terrain devenait marécageux. La prairie d’origine est peu à peu devenue un champ de touradons de molinie. Ces touradons sont de grosses touffes d’une herbe jaune assez grossière, avec entre les touffes parfois des creux de 50 cm de profondeur voir plus ! Le tout posé sur un terrain mou composé de tourbe d’un brun très foncé. Terrain très difficile donc pour moi, un peu moins pour Ju qui semblait avoir l’habitude de crapahuter.

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Pour moi, ce marécage m’a beaucoup rappelé le stage que j’ai effectué en BTS dans les tourbières des Hautes-Fagnes en Belgique (photo ci-dessus qui date de mon stage). C’est de la tourbière aussi ! Mais cette tourbière là est fortement dégradée. Sur une “vraie” tourbière active comme certaines que j’ai pu voir en Belgique, on aurait plutôt une sous-couche de sphaignes avec éventuellement d’autres végétaux comme des bruyères au dessus. Les portions avec la molinie sont des zones qui ont été envahies par cette plante, et par conséquent ne sont plus productrices de tourbe car la molinie élimine la sphaigne qui produit la tourbe.

A ce propos, les chercheurs de l’université de Liège qui suivaient mon stage ont mené depuis des expériences de restauration de la tourbière qui consistaient grosso modo à gratter avec une pelleteuse toute la molinie, et à recoloniser la zone ainsi dégagée par le la sphaigne en semant des morceaux de sphaigne qui repoussent par bouturage. Mais je ne vais pas m’étendre sur les détails techniques de la tourbière, toujours est-il que c’est magnifique mais difficile d’accès !

Magnifique, mais toujours pas de lac, toujours caché derrière les arbres. Nous avons fini pas rentrer sous les arbres justement, tiens, quelques pousses de sphaigne entre les touradons de molinie. En arrivant au niveau du lac, c’était le parcours du combattant ! Branches en travers du passage, et le tout dans la tourbe jusqu’aux genoux pas endroits !

Voici une photo de sphaignes trouvée sur Wikipédia. Celles que nous avons trouvées ressemblaient assez à ça :

Raselink[1]

Un lac qui se mérite

100_2343 - CopieUne fois passé les branches et arrivés sur la berge du lac, c’est le rêve ! Pas un bruit, quelques autres pêcheurs un plus loin, mais ils allaient dans l’autre sens que nous. Des arbres morts au ras de l’eau. Une eau brune, colorée par la tourbe. Le sol est plus ferme une fois les pieds dans l’eau. Les pieds qu’on ne voyait pas d’ailleurs, vu la couleur de l’eau ! Et la centrale n’est pas visible de cet endroit.

Le sol dans le lac descend en pente douce à cet endroit. L’eau n’est pas très profonde. Le niveau semblait bas d’ailleurs, il doit être plus haut que ça à certaines saisons de l’année car les “laisses” sont situées un peu plus haut sur la berge, et les arbres sont teintés différemment jusqu’à environ 15 centimètres.

Au niveau pêche, rien de bien fameux. Ju galérait avec ses mouches à cause du vent. Moi, je galérais à cause de mon inexpérience et de la tourbe ! Par exemple, poisson nageur accroché bêtement dans un arbre mort à 20 mètres du bord, j’ai fini par arriver à l’arbre au risque de remplir mes bottes. Finalement, après un décrochage périlleux, j’ai récupéré mon leurre.

Enfin, rien de particulier, et surtout, pas de poissons ! Rien, pas une chasse, pas un remous, même pas un ploc ! Ce lac était calme comme un cimetière. Mais où étaient donc les milliers de brochets promis par les sites parlant du Lac Saint-Michel ?

Nous avons (difficilement) progressé vers l’ouest dans notre matinée jusqu’à une petite butte peuplée d’arbres située à environ un kilomètre de notre point d’arrivée sur les berges du lac (seulement un kilomètre !). Pause casse-croûte bien méritée sur une plage de sable au soleil ! Le bonheur !

Nous avons continué ensuite un peu vers l’ouest sans trouver de poisson. Une fois passé la butte, la vue s’offre sur la totalité du lac, c’est vrai qu’il est immense ! De l’autre côté de la butte, les berges n’étaient pas tout à fait les mêmes. Exemple ci dessous avec une vue sur une étendue d’une plante rougeâtre que je ne connais pas :

100_2349

Au bout d’un petit kilomètre, nous avons décidé de rebrousser chemin pour tenter une autre rive du lac, dans sa partie nord-ouest. Nous avons donc coupé à nouveau dans la tourbière pour rejoindre des zones plus fermes. Le retour jusqu’à la voiture a été effectué à travers champs, puis par un chemin que nous avons trouvé par hasard, puis finalement, le long de la route. Nous ne disposions pas à l’époque d’une carte digne de ce nom du coin. Et la meilleure carte que nous avions était celle qui figurait au dos de mon permis de pêche ! Notre nez a donc fini par nous mener sans encombre à la voiture.

Nous avons traversé lors de ce retour à la voiture des champs, des bouts de lande, beaucoup d’autres endroits magnifiques, je regrette juste de ne pas avoir assez de photos…

Le Mont Saint-Michel

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Une fois à la voiture, nous avons contourné le lac par la rive sud afin de rejoindre le “Ménez Mikel”. Il s’agit d’une petite montagne située à l’ouest du lac et qui domine une vaste zone de tourbières comme celles que nous avons affronté le matin même, mais sur plusieurs kilomètres carrés ! La Chapelle Saint-Michel est construite tout en haut du mont. La vue de là haut doit être magnifique ! Ju a fini par me convaincre de monter. Nous avons donc fini par grimper le mont Saint-Michel en cuissardes et waders pour faire un peu de tourisme sous le regard éberlué des – vrais – touristes présents ce jour là…

Nous n’avons pas regretté notre grimpette. Jugez plutôt :

100_2359

D’ici, un panorama grandiose sur le lac, et les tourbières qui le bordent. Ne disposant pas d’une carte précise, nous avons mis au point notre itinéraire à venir du haut de ce mont. Nous avons décidé de rejoindre la partie nord-ouest du lac en arrivant par le hameau “Kernévez”.

La rive nord du lac

imageNous nous sommes garés dans le hameau. Mais de là, comment rejoindre le lac ? Nous avons testé plusieurs chemins pour finalement demander à un petit grand-père du coin. Il nous a plutôt conseillé le chemin vers le lieu dit “Toul ar Broc’hed. Après plusieurs kilomètres de marche, dans plusieurs sens, nous avons fini par nous faire une meilleure idée du coin. Franchement, là, une carte IGN au 25000ème n’aurait pas été de trop…

Nous nous sommes peu à peu rapprochés des arbres bordant le lac. Lac toujours caché d’ailleurs derrière des touffes énormes de buissons et d’arbres. Nous avons fini par arriver à une sorte de chemin creux impraticable car non entretenu depuis longtemps, envahi de branches et d’herbes. Après de nombreux tâtonnements, nous avons décidé de couper à travers les buissons “sauvagement”. Attention à ne pas accrocher la canne dans les branches ! Nous sommes arrivés dans un marais, pas le même que le matin, les herbes étaient plus vertes, c’était plus du marais classique que de la tourbière, mais toujours cette tourbe noire qui aspire les bottes !

Après moult pataugeages dans la tourbe, nous avons fini par arriver sur la rive. Et là, c’était le même émerveillement que le matin. Un lac peu profond, avec la même eau brunâtre. Sur les bords, des joncs, quelques touradons d’une gaminée plus verte que le matin. Des arbres morts sur les rives, les pieds dans l’eau. Et ce calme !

Ju est parti vers l’ouest, vers la pointe extrême ouest du lac. Moi, je suis parti vers l’est, explorer des mares encombrées par des arbres morts. Mais pas plus de poissons que le matin. En même temps, pour moi, difficile de s’imaginer un brochet nageant dans cette eau, ou en poste dans 20 centimètres d’eau… Pour un pêcheur en mer comme moi, en gros, je n’étais pas dans mon élément…  Ju a eu un peu moins de vent que le matin – nous étions un peu abrités par le rideau d’arbres derrière nous.

prele-des-marais----equisetum-palustre-visoflora-22860[1]Je suis tombé sur une colonies de prêles. Il s’agit de plantes d’une famille très ancienne, qui existaient déjà telles quelles à l’époque des dinosaures…Presque des “fossiles vivants”, tout comme les fougères d’ailleurs… Elles se présentaient sous forme d’une tige vert pâle d’une trentaine de centimètres au plus, terminée par un genre de bourgeon brun foncé – si mon souvenir est bon.

J’étais bien incapable de les identifier précisément. Et je regrette un peu de ne pas avoir pu les photographier. Mais voilà ci-contre une photo d’une espèce qui doit être très proche de celles que j’ai pu voir. Il s’agit de la prêle des marais. Logique.

 

 

Nous avons fini par rentrer, bien fatigués, mais la tête pleine des images de ce lac sauvage et mystérieux. Les vieilles légendes bretonnes disent que le diable – le Youdig – habite dans les tourbières du Yeunn Elez qui bordent ce lac, ce n’est pas étonnant. Au niveau pêche, au final, une belle bredouille (même pas une touche de la journée). Mais des souvenirs gravés pour longtemps.

Je tenais à remercier Ju pour cette journée car c’est bien lui qui est à l’initiative de cette journée. Merci aussi pour les photos que tu m’as passées (et qui figurent dans cet article). Et si tu souhaites remettre ça, ce sera avec grand plaisir. On prendra une carte cette fois ci, et moi, un appareil photo !

Catégories : En eau douce, Finistère | Poster un commentaire

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