Le marais de Pen-En-Toul–Deuxième partie

Ce post est la deuxième partie du post précédent à propos du marais de Pen-En-Toul. Je continue donc la visite sans trop de préambules. J’avais fait le tour de la question des oiseaux. Je voudrais maintenant parler des zones qui bordent le marais. Il s’agit des zones que l’on peut visiter au moyen du sentier qui fait le tour du marais.

Vieux muret qui sépare la roselière d’une zone boisée le long de la route, au sud du marais :

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La partie sud du marais

J’ai fait le tour dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en commençant par la partie sud du marais, à partir de la digue. La portion du sentier qui borde la route est la moins agréable à pratiquer de l’itinéraire. D’abord parce que le sentier est limite praticable à cause de l’humidité. Mes braves chaussures m’ont tenu au sec, mais j’ai pataugé par endroits dans 10 cm de boue, c’était limite limite… En hiver, il vaut mieux opter pour la route, au risque de passer à côté de quelques détails intéressants… Finalement, je vous conseillerais plutôt une bonne paire de bottes !

Le cas du baccharis

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Dans les “détails”, d’abord, ce qui m’a sauté aux yeux, c’est le changement opéré dans cette partie du paysage en 10 ans. La partie sud du marais était à l’époque constituée de roselières dans lesquelles poussaient de nombreux pieds de Baccharis. A l’époque, cette partie laissait une désagréable impression de “brousse”. De plus, le marais était difficilement visible.

Le Baccharis Halimifolia, aussi appelé “Séneçon en Arbre” est un arbuste américain de type invasif qui a colonisé de nombreuses zones humides de la France au cours des dernières années. Voici une fiche qui décrit cet arbuste. Lisez le commentaire tout en bas de l’article. L’invasion des roselières par cet arbuste a pour conséquence de faire baisser la “biodiversité” en empêchant la pousse d’autres espèces qui auraient normalement peuplé les zones.

Laisser se développer cet arbuste aurait transformé petit à petit cette partie du marais en une monoculture de baccharis impénétrable, moche… et de moins en moins humide, les arbustes ayant tendance à provoquer le comblement du marais. Bref, une catastrophe écologique complète à l’échelle de ce petit marais. Le site de Bretagne-Vivante précise que cet arbuste fait l’objet d’un arrachage systématique. En fait, un programme européen Life a été mis en place spécialement pour combattre cet arbuste sur le site.

Le pâturage ovin

L’avenir du marais :

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Depuis le début des années 2000, des zones sont pâturées par des moutons. Les roselières ont d’abord été fauchées et nettoyées afin de pouvoir être pratiquées par les troupeaux de moutons. Il s’agit d’une technique de gestion fréquente sur des prairies humides. Le pâturage offre les multiples avantages suivants :

  • Déjà, limiter la repousse des baccharis. Il semble que ce soit la raison principale qui a conduit les gestionnaires du marais à favoriser le pâturage sur ces prairies.
  • Limiter le comblement du marais en préservant l’humidité du sol, et en limitant les végétaux qui se déposent au sol. Cela permet d’éviter que ces parties se boisent.
  • Favoriser la biodiversité. Les roselières sont importantes pour de nombreux passereaux. Mais des orchidées ou d’autres plantes moins spectaculaires, et de nombreux insectes peuvent profiter des prairies humides pour se développer.

Un autre avantage du pâturage est que le marais est maintenant en partie visible depuis la route. On peut ainsi observer la partie en eau libre et les oiseaux depuis le sentier dans la partie sud. C’est là que j’ai vu mes premières avocettes de la journée lors de ma visite de l’autre fois.

Cette partie du marais alterne donc maintenant des zones ouvertes (pâtures), des zones de roselières et des touffes d’arbustes. Plutôt bien vu comme changement… La richesse est dans la diversité et l’alternance des milieux…

Les bois humides à l’ouest

Toute la partie ouest du marais est bordée de bois humides. Il s’agit de bois de feuillus (chênes, saules, frênes) qui semblent vivre avec les pieds dans l’eau pendant une bonne partie de l’année. La “Lettre du marais n°10” du site de Bretagne Vivante sur Pen-En-Toul précise qu’il s’agit d’anciennes prairies humides qui ont été abandonnées depuis 40 ans. Voici sans doute à quoi ressembleraient les roselières et prairies du sud du marais au bout de 40 ans si elles n’étaient pas fauchées de temps en temps, pâturées, et si bien sûr le baccharis ne venait pas les envahir…

Quelques photos pour le plaisir des yeux…

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La rive nord du marais

P1110903La rive nord du marais est habillée par des landes humides et des landes sèches. Le terrain forme en effet par endroits une bonne pente. Les parties basses du terrain sont assez humides. Les parties hautes sont une lande typique de Bretagne, comme on peut la trouver dans le nord du Morbihan par exemple.

Au niveau végétal, on trouve tous les végétaux typiques des landes, avec évidemment des pins, des ajoncs, des fougères, et de la bruyère. Mais aussi des pruneliers, des chèvrefeuilles, etc.

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Ces landes sont un habitat pour de nombreux passereaux. Dont la huppe fasciée et l’engoulevent pour les moins communs. Mais aussi, le pic épeiche, accenteur mouchet, troglodyte mignon, fauvette à tête noire, etc. (Source, la Lettre de la Réserve).

Mais à part les passereaux, ces landes sont aussi un petit paradis pour les papillons de toutes sortes. La lettre de la réserve précise que 51 espèces ont été répertoriées en 2002 dans la réserve, dont 22 espèces de papillons diurnes. Entre autres, le Petit Sylvain, le Thécla du Bouleau, le Sylvain Azuré, l’Azuré du Trèfle…

Un petit Sylvain (merci Wikipédia) :

Lors de ma sortie de l’autre jour à Pen-En-Toul, j’y ai vu mon premier papillon de l’année. C’était dans le sentier dans un endroit où poussent de nombreux pruneliers. Un beau et grand papillon que je serais bien incapable d’identifier précisément… N’ayant pas pu le photographier. Le premier papillon de l’année, c’est comme le premier coucou, ça fait plaisir… Alors quand c’est un papillon magnifique comme ça c’est un bon présage !!!

Il me reste plusieurs points à évoquer quand à ce marais. Ces points concernent l’activité humaine autour du marais. Je ferais donc un troisième article sur les fontaines que l’on peut voir le long du sentier dans la partie nord, et sur l’aérodrome qui a été construit sur le marais au début du 20ème siècle.

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