Balade dans les Hautes Fagnes–Partie 2

Ce billet fait suite au billet sur les Hautes Fagnes que j’ai déjà écrit. Pour bien comprendre le paysage, et apprécier la balade dans ce coin, je pense qu’il est important de savoir ce qu’est une tourbière. Il y a une page sur Wikipédia qui explique le sujet de façon assez complète. Mais si vous préférez, lisez la petite explication suivante…

La tourbière pour les nuls

Déjà, qu’est ce qu’est une tourbière ? C’est une zone humide où se forme de la tourbe. Et qu’est ce que la tourbe ? C’est une matière brun foncé qui résulte du compactage et de la fossilisation de végétaux, en général des sphaignes (photo ci-dessous). La sphaigne est une mousse qui est la clé de la tourbière.

04 08 2011 (16)

J’utilise le terme “compactage”, et non pas “décomposition”, parce que la tourbe n’est pas composée de végétaux décomposés. La tourbière étant un milieu acide, les bactéries qui effectuent la décomposition ne peuvent pas y vivre. La tourbe ne sent donc pas le “pourri”, entendons nous bien. Elle n’a pas d’odeur. Elle tache juste beaucoup…

Les anciens avaient tout une batterie de manières d’utiliser la tourbe. Cela allait de la fabrication de briquettes de chauffage, à la construction de murs de maison. Maintenant, l’utilisation principale que l’on fait des tourbières encore exploitées par l’homme, c’est surtout du terreau de jardin.

La photo ci-dessous a été prise dans la Fagne de la Poleur, à un endroit où la tourbe a été exploitée. Il s’agit du bord d’une vaste cuvette creusée par l’homme. On voit bien la tourbe, et des sphaignes, en bas :

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Formation d’une tourbière

Pendant mes études, j’ai eu l’occasion de suivre un cours complet sur les tourbières. Mon prof nous avait à l’époque fait un petit nombre de croquis pour nous expliquer la formation d’une tourbière. J’ai donc reproduit ces schémas à l’aide d’un brave stylo et des crayons de couleur. Voici donc en exclusivité mondiale de magnifiques “infographies manuelles” sur la formation d’une tourbière… Les différentes étapes se déroulent sur une bonne dizaine de milliers d’années.

Au premier stade, nous avons une simple étendue d’eau :

Formation d'une tourbière 001

Si les conditions s’y prêtent (climat, acidité du sol, etc.) la surface de l’eau est colonisée par des sphaignes. Il s’agit de petites mousses qui sont la clé de la tourbière. Je vous mettrais des photos dans un prochain billet.

Formation d'une tourbière 001

Au fur et à mesure du temps, les sphaignes vont former un tapis flottant de plus en plus épais qui peut finir par recouvrir totalement la surface de l’eau. On appelle ça un “tremblant”. J’ai eu l’occasion de m’aventurer un jour sur ce genre de tapis, c’est très dangereux ! Et effectivement, ça bouge bizarrement.

Formation d'une tourbière 001

Au fur et à mesure de l’avancement de la tourbière, les sphaignes du dessous du tapis meurent et vont se déposer au fond pour former la tourbe. Au bout d’un (très long) moment, on obtient grosso modo cela :

Formation d'une tourbière 001

Cela, c’est une épaisseur de tourbe, recouverte de sphaignes. Ensuite, la surface de la tourbière est envahie par différentes plantes comme sur le dernier schéma :

Formation d'une tourbière 001

Quand il s’agit de bruyères, tout va bien, la sphaigne peut continuer à vivre et à créer de la tourbe. La tourbière reste active.

Mais généralement, il s’agit plutôt de molignie ou de diverses graminées. Dans ce cas, les sphaignes disparaissent peu à peu pour laisser la place aux autres plantes. Et c’est la mort de la tourbière, car seules les sphaignes en se déposant peuvent former de la tourbe.

Il reste dans les Hautes Fagnes quelques zones de tourbière encore active. Mais elles sont protégées de manière très stricte, et il n’est pas possible au promeneur d’y approcher à moins de 500 mètres. La plupart des “Fagnes” sont donc d’anciennes tourbières recouvertes de graminées, et parsemées d’arbustes comme des myrtilles, des saules, des conifères.

Tourbière haute / tourbière basse

L’épaisseur de tourbe peut varier de 7 mètres à 50 centimètres. Dans le premier cas, on parle de tourbière haute. Dans le deuxième cas, quand il y a peu de tourbe, on parle de tourbière basse, ou bas marais. Les plantes qu’on y trouve ne sont pas les mêmes. Dans le cas de la tourbière basse, on trouve certaines plantes qui arrivent à produire des racines assez longues pour aller chercher la nourriture dans le sol en dessous de la tourbe. Dans le cas de la tourbière haute, on trouve des plantes qui demandent peu de ressources au sol. Voir pas du tout, comme les plantes carnivores, la tourbe étant un support très pauvre.

Voici quelques photos prises sur une zone de tourbière basse, dans la Fagne de la Poleur. Les fleurs jaunes sont des Narthécies des marais :

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Et ci-dessous, une plante dont je n’ai bêtement pas retenu le nom. Si vous tombez sur cette page un jour et que vous connaissez cette plante, laissez-moi donc un petit commentaire :

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Voici quelques plantes caractéristiques de la tourbière haute.

Bruyère :

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Linaigrette (photo Wikipédia) :

Rossolis à feuilles rondes (photo Wikipédia) :

Voilà pour la découverte de la tourbière. Dans le prochain article, une promenade guidée dans la Fagne…

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